Quoi qu’il en coûte

Ce slogan a eu son succès commercial pendant la crise du covid, mais son principe a été appliqué dès le début du règne de Macron :application des mesures anti-sociales, quoi qu’il en coûte de violences policières, de mains arrachées et d’yeux crevés.

Avec la confirmation de la revanche Macron-La Pen revient l’injonction à voter Macron quoi qu’il en coûte, en se pinçant le nez, en se lavant furieusement les mains au gel hydro alcoolique, car l’Ô Macron est un virus dont il est difficile de se débarrasser.

Cette année, Libération n’a pas osé son « Faites ce que vous voulez, mais votez Macron ».

Sa Majesté

Quand j’ai vu le candidat sortant déambuler à Denain, je me suis dit que jamais peut-être il n’avait si bien porté ce nom. Puis, j’ai entendu des experts politiques et sondagiers expliquer qu’il était en train de creuser l’écart, tant il allait au contact et expliquait bien son projet aux gens, alors que sa challengère était si pleine de contradictions.

Macron a dit quelques bêtises, droit dans les yeux, comme il en a l’habitude[i].

Mais comme toujours, il ne peut s’empêcher de mentir effrontément. Il dit avoir des contacts avec Mélenchon. « Des échanges qui doivent rester privés par textos ». Un journaliste qui fait son travail[ii] veut en savoir plus, se renseigne et revient avec la réponse de Mélenchon :

« Mes échanges avec Monsieur Macron concernent le sort d’un citoyen étranger résident à l’étranger et lourdement menacé de mort. Rien de plus rien de moins ».

Masquant son humiliation, le pervers répond : « Ne mettez pas de désordre dans notre relation ». Ne mets pas la main dans le pot de confiture, gamin !

L’insolent revient à la charge et l’interroge : « Mélenchon, premier Ministre ? » Un ange passe, Jupiter semble le regarder.[iii]

Le samedi suivant, c’est à Marseille, lors d’une garden-party, peut-être hommage du vice à la vertu, il a repris sans vergogne les mots de Mélenchon : « planification énergétique », « planification écologique territoriale », « avenir en commun ».

C’est une autre forme de quoi qu’il en coûte. Il a seulement oublié de rayer de son vocabulaire cette expression : « les extrêmes » pour désigner celles et ceux qu’il ne voit pas dans son « cercle de la raison ».

Questions : s’il avait été opposé à Mélenchon au second tour, aurait-il emprunté des mots à La Pen pour séduire ses électrices et électeurs ?

S’il avait été éliminé, aurait-il appelé à voter Mélenchon ?

Ses courtisans & partisans

Macron est le premier président à bénéficier d’un soutien unanime de la quasi totalité des « médias ». Ils ont largement contribué à son élection en 2017, puis à installer dans l’esprit des gens l’idée d’une revanche entre les deux finalistes en 2022. Seuls CNews et Valeurs Actuelles ont tenté d’en imposer un autre dans la triste personne d’Eric Zemmour.

Aujourd’hui, la plupart de ces commissaires politiques (analystes, communicants, éditorialistes, experts, juristes, politologues, sondeurs) ne semblent pas douter de la victoire du président sortant. En même temps, ils montrent sans vergogne qu’il est « naturellement » leur candidat, celui du « cercle de la raison », de la raison économique et européenne… Ils font à La Pen le principal reproche (en dehors d’une suspicion d’incompétence) de ne pas être claire sur le ces deux sujets, l’Europe et l’économie.

Pourtant, dès octobre 2017, Bernard Guetta, commissaire politique sur Radio Paris, lui décernait un satisfecit pour son « aggiornamento ». Le futur député macronien, professeur bienveillant, lui donnait un « peu mieux faire ».

https://www.franceinter.fr/emissions/geopolitique/geopolitique-12-octobre-2017

Ils présentent désormais Jean Luc Mélenchon en « faiseur de roi »[iv], comme si le sort de l’élection tenait aux reports des voix de celles et de ceux qui ont fait ses 21,95% au 1er tour.

En revanche, plus un mot sur ses « ambigüités » (supposées, mais soulignées sans cesse) sur deux sujets : la république et la laïcité. En effet, pendant 5 ans, ils n’ont eu cesse d’opposer à un Mélenchon « pas clair » une Marine La Pen « tout à fait claire », « impeccable », « une vraie républicaine ». Un commissaire politique qui se prétend philosophe, Raphaël Enthoven, exposait sa philosophie de l’action :

« S’il fallait choisir entre les deux, et si le vote blanc n’était pas une option, j’irais à 19h59 voter pour Marine Le Pen en me disant, sans y croire, «  plutôt Trump que Chavez » »

Combien de ses consœurs et confrères feraient le même choix que lui ?

Mais ils auraient sans nul doute utilisé, quoi qu’il en coûte d’ approximations, de contre-vérités et de mauvaise foi, les mêmes arguments sur l’économie et l’Europe pour disqualifier Mélenchon dans un second tour face à leur candidat du cœur et du portefeuille, Emmanuel Macron.

Ses soutiens critiques dans les gauches partisanes

Du côté des « partis de gauche », on n’a pas ces pudeurs de gazelles concernant la république et la laïcité.

Dès le début, ils ont innové en rectifiant un principe « républicain » : « Au 1er tour, on élimine, au second, on vote Macron ». Deux ont passé leur campagne à taper sur Mélenchon en raison de ses amitiés supposées pour des dictateurs orientaux. Un autre a mis son ardeur à démontrer qu’il avait du rouge une conception particulière : celle du steak et du mauvais vin. On dit qu’aujourd’hui il a le rouge au front et serre les fesses car La Pen est largement première dans toute sa circo.

Ces trois candidats avaient participé à la démonstration de force des policiers d’extrême droite devant l’Assemblée Nationale, et maintenant ils nous demandent de nous lever contre cette extrême droite. Ils étaient, c’est vrai, en bonne compagnie de Darmanin et Dupont-Moretti.

Dans cette élection, sous prétexte de défendre des « idées », voire des « sensibilités », ils n’étaient là que pour assurer, quoi qu’il en coûte, la survie de leurs appareils partisans et de leurs bureaucrates.

Nathalie Arthaud récite un catéchisme vieux de quatre-vingt ans, mais garde un peu de bon sens en ne participant à cette farce du 2ème tour. En revanche, son rival Philippe Poutou, issu d’une autre obédience léniniste, crie au fascisme, me dit-on, pour se faire entendre. Il semble oublier que le choix pour le second tour a aussi un caractère de classe.

Du fascisme

« Le fascisme, c’est le mépris. Inversement, toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme. »

Albert Camus L’Homme Révolté, 1951

Je n’ai pas une appétence particulière pour l’auteur de La Peste et de L’étranger que l’on cite trop souvent et surtout pour une phrase apocryphe.

https://www.dicocitations.com/citations/citation-159817.php

Mais puisque que, pour beaucoup, il incarne un esprit de mesure et de modération, je suis agréablement surpris de trouver de sa plume comme une prémonition du Macron.

Lui-même, pour définir son mouvement a eu recours à une formule de l’entre-deux guerres : « Ni droite ni gauche ». Elle avait servi à l’écrivain israélien Zeev Sternhell pour résumer le fascisme à la française. Des conseillers le lui ont fait remarquer et il a troqué cette formule pour une autre qu’il a cru moins connotée : « Et de droite, et de gauche ».

Mais même ses supporters ont continué d’utiliser la première.[v]

« Historiquement, non, Macron n’est pas fasciste. Et ses laudateurs s’insurgeront qu’il a été porté au pouvoir par un front anti-fasciste. Oui, aujourd’hui, même la droite est anti-fa.

Le fascisme, c’est la violence organisée, le parti de masse puis le parti unique, le culte du chef, le viol des foules par propagande politique…

La violence est encore à venir, mais elle viendra. »

https://blogs.mediapart.fr/jules-elysard/blog/120517/macron-est-il-fasciste

C’était en mai 2017, avant la violence à la Banalla, la répression des gilets jaunes, etc…

Si Marine La Pen vient du fascisme, Emmanuel Macron y est venu fort naturellement pendant son premier mandat. Son seul problème pour asseoir son pouvoir et faire un coup d’Etat, c’est que sa « garde prétorienne » vote majoritairement pour le FRN.

« Le fascisme, écrivait Guy Debord en 1967, est l’archaïsme techniquement équipé. (…)  il est un des facteurs dans la formation du spectaculaire moderne (…) mais se trouve être la forme la plus coûteuse du maintien de l’ordre capitaliste »[vi]

Si l’écart entre les deux finalistes se réduit depuis 2022, c’est que « l’antifascisme » officiel et traditionnel montre ses limites. La présence de Marine La Pen au second tour était souhaitée depuis cinq ans par les classes dominantes, et par Macron qui en est le représentant zélé. Elle a été favorisée par les choix éditoriaux de la plupart des médias (pas que CNews) qui l’ont systématiquement montrée sous son meilleur jour, tout en insultant Mélenchon. Et la justice n’a pas jugé bon de solliciter l’aide d’une centaine de policiers pour des perquisitions à son domicile et au siège de son parti.

Cela pourrait se reproduire en 2027 (même si l’écart se réduit encore) et continuera tant qu’une option populaire de gauche ne sera pas en mesure de l’emporter. Si y elle parvient, toutes les droites (LR, LREM, RN) s’uniront alors contre elle.

De la république

Il faut garder à l’esprit que la IIIème république a été fondée sur ce « crime commis en commun »[vii] qu’est l’écrasement de la Commune de Paris.

« Le bain de sang (que Paris) vient de prendre était peut-être d’une horrible nécessité, pour calmer certaines de ses fièvres », écrivit Zola pour conclure sa lettre du 30 mai 1871 intitulée « Paris se réveille de son cauchemar ».[viii]

On dirait Luc Ferry parlant des gilets jaunes.

Zola a commis nombre d’autres lettres contre la Commune de Paris et le titre choisi pour les réunir a été La république en marche.

En 1871, c’est la république sociale, « la sociale », qui a été écrasée par l’union sacrée des partis de l’ordre.C’est la première forme d’un fascisme qui ne dit pas son nom, (en Allemagne ce sera l’écrasement des spartakistes).

« Adolf Foutriquet » Thiers était « président de la république », mais la république était honteuse, elle n’était pas encore formellement proclamée. Ses deux premiers présidents étaient monarchistes. Le premier président républicain, Jules Grévy, fut élu en 1879.

La III république fut très vite « radicale » et elle désigna son ennemi : le cléricalisme[ix].

Prétendant « reprendre les sentiments du peuple », cette république a fait de la laïcité son unique combat, délaissant la liberté, l’égalité et la fraternité.

La rupture sera longue entre « la république » et le mouvement ouvrier. Ce sera le temps de l’anarcho-syndicalisme et des attentats. D’un côté, « Plutôt la mort que l’injustice »[x]. De l’autre, « la belle époque » pour celles et pour ceux qui vont bien.

La première réconciliation, « nationale », fut sur ce second « crime commis en commun » : la Grande Guerre. Elle fut pérenne.

La deuxième, « républicaine », advint avec le Front populaire, mais ne dura pas.

La troisième, « sociale », est issue de la seconde Guerre mondiale. Elle fut plus durable. « Les trente glorieuses » en furent sa « belle époque ». Puis ce fut « la révolution conservatrice », le retour du « néo-libéralisme », la « déconstruction » de l’Etat providence et la mondialisation (globalisation) comme nécessité historique.

En anglais : There is no alternative (TINA) ; en français macronien : « Je vais vous expliquer ».

Sommes-nous encore en république ?

« Quand j’étais à l’école primaire », se demandait Bernard Maris juste avant son assassinat, « ce « On est en république ! » était, je me souviens, crié à tort et à travers. Il résumait et indiquait tout : la liberté, le refus de l’autorité, de la contrainte, le désir, l’envie, le futur. (…)

En est-il de même aujourd’hui, ou bien la patrie et la République se délitent-elles dans les esprits, ceux des nantis parce qu’ils sont européens, fédéralistes et mondialistes, et ceux des marginalisés, parce qu’ils sentent que le socle républicain s’effrite… »[xi]

Je crois que cinq ans de Macron auraient réconcilié Maris et Mélenchon.

Considérant l’œuvre et la geste du président sortant, on peut légitimement s’interroger : « la République, c’est lui ? »[xii]

Des musulmans

Mélenchon aurait réuni sur son nom « 69% du vote musulman ». Si ce vote lui avait permis d’accéder au second tour, tous les médias (pas seulement CNews, Valeurs Actuelles et Marianne) se seraient empressés de soupçonner, voire de dénoncer un « vote communautaire ». Mais comme ce vote est maintenant très utile à Macron pour assurer sa réélection, on ne le pense pas trop fort.

Cependant, ce vote ne lui est pas acquis.

https://urlz.fr/i17i

Conclusion forcément provisoire

Le résultat du 1er tour est celui escompté par la classe dominante. Résultat obtenu de peu grâce au secours des groupuscules des gauches macroniennes.

Ce qui est curieux avec celles et ceux qui veulent nous faire voter Macron, c’est leur ton péremptoire pour nous convaincre. Alors que leur champion fait des efforts, certes pas toujours récompensés, pour paraître ouvert et surtout pas arrogant. Alors que les sondages disent tous qu’il creuse l’écart. À 54% il ne serait pas satisfait ? Attention : le mieux est l’ennemi du bien. Ces bonnes consciences de gauche veulent bruyamment offrir à Macron un « Front républicain » dont il ne veut. Il n’en a même pas bénéficié, dit il, en 2017. Il dira, quoi qu’il en coûte, qu’il a été élu sur la confiance qu’il a inspirée.

Tout cela s’inscrit dans un moment historique où des gens raisonnables, dont certains ont fait barrage en 2017, s’apprêtent aujourd’hui à voter blanc ou à s’abstenir.

Avec cet appel à faire un barrage à un fascisme, voire à un nazisme, largement fantasmé, la classe dominante se trouve confortée dans sa domination et son projet de casse sociale.

Espérer prendre sa revanche dans la rue est une naïveté sans borne. S’il ne gagne qu’à 51%, il sera affaibli dès la reprise de ses fonctions. Mais on n’en prend pas le chemin. Dans les deux cas, il cherchera à se venger.

Dans la rue, les antifascistes pourront retrouver leurs meilleurs ennemis : les électeurs de La Pen en uniformes.

L’élection de La Pen ne serait possible qu’en raison d’un vote caché d’une partie de la classe dominante qui voudrait se débarrasser de Macron, la faire élire pour la contrôler, puis s’en débarrasser (un peu comme en 1981, quand elle a contribué à l’élection de Mitterrand ; ou en 2017, quand Hollande a craint qu’elle le fasse pour se débarrasser de lui). Mais ça n’en prend pas le chemin.

Ou alors, hypothèses à ne pas écarter par souci de rigueur :des services de renseignements produisent des sondages secrets sur l’état de l’opinion. Serait-il possible

– qu’ils intoxiquent volontairement le président sortant ;

– qu’il s’illusionne sur son propre génie.

Je n’ose pas imaginer de telles extrémités.

L’écart se resserre, depuis 2017, entre les deux options de droite. Et cela continuera tant qu’une option populaire de gauche ne sera pas en mesure de l’emporter. Et si y elle parvient, toutes les droites s’uniront contre elle.

La confiance règne dans le camp de Macron et ils ne prennent même pas La Pen de le cacher : sa réélection est assurée. Je la souhaite la plus courte possible.

https://blogs.mediapart.fr/jules-elysard/blog/290518/lettre-ouverte-aux-personnes-qui-ont-vote-macron-et-le-regrettent


[i] Il est venu sur un territoire où il est arrivé 3ème derrière La Pen et Mélenchon. Il semble avoir pris pour un soutien l’adresse de Mélenchon à ne pas donner une seule voix à La Pen. Mais peut-être ne fait-il que faire semblant de le penser ? Il reste qu’il vient à Denain pour convaincre les électeurs de Mélenchon (ou pour faire semblant de le faire). Il reprend donc des mots de l’Insoumis comme « la planification écologique » ; discutaille de l’âge légal de la retraite ; explique que, lorsque qu’il dit « avoir envie demmerder les non-vaccinés »« , c’était juste « une expression entre guillemets affectueuse ».

[ii] C’est-à-dire pas Aphatie-Barbier-Chabot-Demorand-Duhamel(e)s-Giesbert-Polony-Praud-Pujadas-Salamé-Seux-Sintes

[iii] Vidéos sur le lien https://www.journaldesfemmes.fr/societe/actu/2804401-macron-denain-vaccin-melenchon-mimie-mathy/

[iv] C’est le sous-titre d’un livre de chevet de Mélenchon, une biographie de Warwick, écrite pas Paul Murray Kendal.

[v] « NI DE DROITE ni de gauche, se revendiquait le candidat Macron, pourfendeur des « vieux partis », en 2017.

Cinq ans plus tard, c’est réglé – LR et le PS, qui incarnaient ces deux courants, sont complètement dézingués. Sévèrement cabossés voilà cinq ans – le second bien plus que le premier -, les voici aujourd’hui, à tous les sens du terme, complètement ruinés. Et en décomposition, avant une inévitable recomposition. » Erik Emptaz, Canard enchaîné du 13/04/2022.

[vi] « « Le fascisme est l’archaïsme techniquement équipé. Son ersatz décomposé du mythe est repris dans le contexte spectaculaire des moyens de conditionnement et d’illusion les plus modernes. Ainsi, il est un des facteurs dans la formation du spectaculaire moderne, de même que sa part dans la destruction de l’ancien mouvement ouvrier fait de lui une des puissances fondatrices de la société présente comme le fascisme se trouve être la forme la plus coûteuse du maintien de l’ordre capitaliste, il devait normalement quitter le devant de la scène qu’occupent les grands rôles des Etats capitalistes, éliminé par des formes plus rationnelles et plus fortes de cet ordre. » La société du spectacle, thèse 109.

[vii] « La société repose désormais sur une faute commune, sur un crime commis en commun ; la religion, sur le sentiment de culpabilité et sur le repentir ; la morale, sur les nécessités de cette société, d’une part, sur le besoin d’expiation engendré par le sentiment de culpabilité, d’autre part. » Freud, Totem et tabou (1912)

[viii] Lettres au Sémaphore de Marseille publiée en recueil sous le titre 13 Lettres sur « La Semaine sanglante »et la fin de la Commune.

[ix] « Je ne fais que reprendre les sentiments du peuple de France en disant : le cléricalisme, voilà l’ennemi » » Léon Gambetta lance, le 4 mai 1877, à la Chambre des député

[x] C’est aussi le titre d’un livre de Thierry Lévy. Il y écrit dans les premières pages : « La Commune de Paris (février-mai 1871) n’est pas loin. Sedan non plus (2 septembre 1870). La République, quant à elle, n’a pas vingt ans. Thiers, qui fut le premier président d’une République qui n’existait pas (31 août 1871-24 mai 1873) a d’abord massacré les communards ou présumés tels (30 000 morts, 36 000 prisonniers, 10 000 condamnés) avant de libérer la France d’une occupation étrangère de deux ans et demi. L’état de siège, permettant le contrôle a priori des libertés publiques, n’a pris fin qu’en 1876. Certaines théories n’ont pas droit de cité. En particulier, celles professées par les fondateurs de la Première Internationale et du premier parti ouvrier.

La loi du 14 mars 1872 punit d’emprisonnement les membres de l’association internationale des travailleurs ou « de toute autre association professant les mêmes doctrines et ayant le même but ». Sont visés ceux qui veulent «  l’abolition du droit de propriété, de la famille, de la patrie, de la religion ou du libre exercice des cultes. C’est le but que se fixe une partie de la doctrine anarchiste, mais aussi la plupart des petits partis socialistes. Celui de Jules Guesde, et plus encore celui de Jean Allemane. Tous veulent la révolution, la destruction de la société bourgeoise, ils ne diffèrent que sur le choix des moyens. » Plutôt la mort que l’injustice. (2009)

[xi] Et si on aimait la France ? (2015)

[xii] « Monsieur Macron, c’est le programme économique de Mme Le Pen, plus le mépris de classe. Mme Le Pen, c’est le programme économique de M. Macron, plus le mépris de race. Jean Luc Mélenchon, le 27 mars 2022 à Marseille.

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